La guerre des bulles

La guerre des bulles se déplace en Angleterre.

Le producteur de champagne Taittinger a acheté 69 hectares dans le Kent, pariant ainsi sur la croissance des vins pétillants anglais.
Même la reine d’Angleterre s’y met; pour baptiser un nouveau ferry, elle a récemment  préféré un vin pétillant anglais produit dans le Sussex, comté situé au sud de Londres.
Ce geste est un symbole de plus : les vins pétillants anglais s’affirment de plus en plus comme un concurrent sérieux du champagne français. Pour le réveillon, les Britanniques, très friands de vins pétillants , seront toujours plus nombreux à ouvrir une bouteille venant chew eux. Au Royaume-Uni, les ventes de ce mousseux local ont augmenté de 27 {324481812fbadc15b89e6d5a42193f0120379a59f80814444d6809be47ea3e73} en 2014, alors que le champagne ne progressait que de 5 {324481812fbadc15b89e6d5a42193f0120379a59f80814444d6809be47ea3e73}.
Comme une confirmation de cet essor, la famille Taittinger a annoncé, en décembre dernier, qu’elle allait planter des vignes dans le Kent. En achetant 69 hectares, elle devient la première maison de champagne à traverser la Manche pour y produire son propre bubbly. Taittinger va y planter du chardonnay, du pinot noir et du pinot meunier pour mettre en vente les premières bouteilles aux alentours de 2022.
Quand on lui demande s’il ne trouve pas que cet investissement est la preuve que le champagne est désormais sous pression anglaise, Pierre-Emmanuel Taittinger, le président du groupe, prétend ne pas comprendre. « Le champagne produit trois cent trente millions de bouteilles par an. Pour les vins mousseux dans le monde, c’est quatre milliards. On n’est pas en concurrence. » D’autant que la production anglaise, se limite pour le moment à quatre millions de bouteilles.
Pourtant, la progression constante ne trompe pas. La surface des vignobles au Royaume-Uni a doublé depuis 2007 et elle devrait encore doubler d’ici à 2020, selon la Wine and Spirit Trade Association.

Le réchauffement climatique, qui pousse vers le nord la météo favorable à la vigne, y est peut-être pour quelque chose. M. Taittinger écarte cependant cette explication. Pour lui, l’argument économique a sans doute été plus fort : il a acheté 80 000 euros l’hectare ses terres dans le Kent ; en Champagne, le prix est vingt fois supérieur…
La qualité  progresse, elle aussi; en effet, une récente dégustation à l’aveugle  a bien réussi à deux vins pétillants anglais, du Sussex et du Hampshire, qui ont dépassé plusieurs champagnes. Hambledon Classic Cuvée et Nyetimber Classic Cuvée 2010 ont obtenu plus de points que des bouteilles de Pol Roger, Veuve Clicquot et Taittinger. Et le gouvernement britannique pourrait désormais s’y mettre…
Un député du Sussex, vient de demander que les ministres servent pour leurs réceptions des vins anglais plutôt que français ou du reste du monde. Liz Truss, la secrétaire d’Etat chargée de l’alimentation, a promis qu’elle étudierait la question.

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